Blockbusters alternatifs : Les Simpson (de David Silverman, USA, 2007) et Hot Fuzz (de Edgar Wright, Angleterre, 2007)

Publié le par Erwan Desbois

Où ?
Tous les 2 au George V
Quand ?
Jeudi dernier et hier soir
Avec qui ?

Avec ma chérie, et pour le 1er film mon frère, et pour le second un copain cinéphile. Dans les 2 cas, la salle était raisonnablement pleine, signe du succès des 2 films.

Et alors… ?

Le blockbuster estival a généralement un intérêt artistique inversement proportionnel à ses possibilités commerciales. Cette tendance qui s’aggrave au fil des années laisse encore quelques exceptions passer au travers des mailles du filet – ainsi l’anglais Hot fuzz et l’américain Les Simpson. Si les 2 films restent avant tout des grosses planches à billets capitalisant sur une recette ayant fait ses preuves, avec un budget confortable et une ambition qui se limite à divertir, leur étincelle initiale est le fruit d’auteurs singuliers et non de modèles marketing froidement efficaces ; ils méritent donc une réelle considération. Pour cette raison, et aussi parce qu’ils sont très drôles.

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Les Simpson vient rajouter 90 minutes d’un seul tenant aux 8000 (400 épisodes de 20 minutes) qu’a accumulées en 20 ans la série culte. Hot fuzz reconduit le trio gagnant de Shaun of the dead, soit Edgar Wright (réalisation et scénario), Simon Pegg (acteur et scénario) et Nick Frost (acteur), qui s’attaquent cette fois aux films d’action hollywoodiens avec le même mélange de respect et de distanciation que pour Shaun. Les limites évidentes à la lecture de ces rapides descriptifs des 2 projets donnent finalement la mesure de la réussite de ceux-ci. Si Les Simpson n’est qu’un gros épisode, il en tient le rythme, le délire et la méchanceté sur une durée bien supérieure ; et si le second repose sur un thème au potentiel comique moins phénoménal que celui du film de zombies, il génère quand même une euphorie quasi permanente, ponctuée de plusieurs crises de fous rires devant certains hommages comiques (pêle-mêle Point Break, Bad boys 2, Pale rider...) et dérapages inattendus du scénario.

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On apprécie aussi les guest stars venues participer aux délires : Timothy Dalton – en méchant gérant de supermarché ! – à l’est de l’Atlantique, Green Day et Tom Hanks à l’ouest. Par contre, la timidité de la charge, réelle mais vite étouffée, contre les abus des pouvoirs en place (la psychose sécuritaire anglaise, l’absence de conscience écologique – et de conscience tout court – chez les dirigeants US) vient rappeler l’inamovible épée de Damoclès qui plane au-dessus des 2 films : l’exigence de remplir les caisses, et pour cela de limiter les vagues.

Publié dans cinéma US

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