Le renard et l’enfant, de Luc Jacquet (France, 2007)

Publié le par Erwan Desbois

Où ?
 
Au 5 Caumartin, dans la grande salle.
 
Quand ?
Lundi après-midi, avant l’emballage des cadeaux et le réveillon
 

Avec qui ?

Seul (les films sur les animaux et ma femme, ça fait 3), avec quelques personnes en mission pour occuper les enfants avant l’arrivée du Père Noël
 

Et alors ?
 

La question n’empêchait sûrement pas grand-monde de dormir, mais elle existait tout de même : qu’allait bien pouvoir faire Luc Jacquet après le phénomène La marche de l’Empereur ? Phénomène qui avait en plus le « désavantage » de ne pas représenter une recette réutilisable à l’envi. Le renard et l’enfant ouvre une nouvelle voie pour le réalisateur, mais celle-ci a tout autant des allures d’impasse que la précédente.

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Le film étonne en effet par le décalage immense qui existe entre la quête de splendeur et de grandiose de ses images, et la quasi-inexistence du scénario. Le récit (très bien conté en voix-off par Isabelle Carré, dans le rôle de l’héroïne devenue grande) de l’amitié entre une petite fille et un renard dans une forêt des montagnes du Jura ne lève aucun suspense d’ensemble, aucun développement de personnages. C’est sans doute le moyen trouvé par Jacquet pour éviter les 2 autoroutes du film avec animaux que sont le documentaire pédagogique dénué de tout sentiment et l’anthropomorphisme régressif et réducteur à la Disney. Chez Jacquet, les animaux sont libres – il s’agit même là du principe fondateur du film – et les moyens du cinéma sont mis au service de cette liberté.

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Comme dans La marche de l’Empereur, Jacquet ne se contente pas de filmer le gigantisme des décors et la beauté naturelle des animaux sauvages, qu’ils soient lynx, aigle ou hérisson. Il veut les filmer avec la splendeur et la poésie qu’ils sont en mesure d’inspirer. Une lumière magnifique (citons les scènes magiques au clair de lune, les transitions subtiles entre les 4 saisons), des plans soignés et un accompagnement musical au lyrisme étudié font du film une œuvre à nulle autre pareille. Mais, une fois la séance achevée, l’absence de dramaturgie citée plus haut limite de façon évidente la portée sur la durée du film et de son schéma. En un sens, tant mieux : cela forcera à nouveau Luc Jacquet à trouver complètement autre chose pour son prochain projet. Et d’ici-là, Le renard et l’enfant offre une parenthèse rafraîchissante, une alternative étonnamment sereine et paisible dans les films pour enfants, au milieu des dizaines de produits formatés et sans âme des studios hollywoodiens, Disney en tête.

Publié dans cinema francais

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