L’orphelinat, de J.A. Bayona (Espagne, 2007)

Publié le par Erwan Desbois

Où ?
 
Au ciné-cité les Halles, dans une des grandes salles
 
Quand ?
 
Lundi soir, 20h
 

Avec qui ?

Mon compère d’UGC, et une salle presque pleine et très réactive aux sursauts prodigués par le film.
 

Et alors ?
 

L’orphelinat se présente dans nos salles avec la mention « plus gros succès espagnol de tous les temps » – ce qui est vrai, et pas une exagération d’attaché de presse. Même s’il s’agit, comme on va le voir, d’une grosse machine coproduite par la Warner et bien calibrée et lissée pour plaire au plus grand nombre, qu’un tel film de genre casse la baraque au box-office de l’autre côté des Pyrénées laisse songeur : aux dernières nouvelles, en France, point de salut en dehors de la bonne grosse comédie.
orfanato-3.jpgDans l’ensemble, L’orphelinat brille plus par ses intentions que par leur réalisation. Ainsi, le scénario prend le parti intéressant de rester en permanence sur le fil entre fantastique et réalisme : à chaque scène du 1er genre répond une scène du second. Cela maintient une tension et un intérêt élevés, mais souffre du parasitage occasionné par des dialogues explicatifs interminables et un flot continu de références voyantes et pas très bien digérées, qu’elles viennent du Japon (Ring, Dark water) ou d’Amérique (Les innocents). Une certaine distance se maintient dès lors constamment entre le spectateur et cette histoire d’enfant disparu, que sa mère croit enlevé par les fantômes des pensionnaires de l’orphelinat qui occupait auparavant leur maison.
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Même constat mitigé pour la mise en scène. Le débutant Bayona démontre une réelle efficacité horrifique, en signant plusieurs séquences particulièrement efficaces tant dans la surprise violente (une mort extrêmement brutale et choquante) que dans le suspense à la lente progression savamment calculée – une séance de spiritisme, un jeu de 1,2,3 soleil. Là encore, la richesse indéniable offerte au film par ces réussites est contrebalancée par un recours bien trop fréquent à des procédés grossiers qui forcent inutilement le trait, de bruitages sonores assourdissants en mise en scène surexcitée. Dans ces moments, L’orphelinat donne l’impression de brider son audace et de suivre sagement un cahier des charges formaté et souverain, où la démesure est la règle comme dans l’insupportable – et tellement longue ! – meringue qui sert de final au film. Sans ressortir complètement déçu, on espérait quand même mieux.

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