La Belle au bois dormant, de Clyde Geronimi (USA, 1959)

Publié le par Erwan Desbois

vlcsnap-2010-12-22-17h20m00s254Où ?

A la maison en DVD zone 2

Quand ?

Fin novembre, un samedi soir

Avec qui ?

MaFemme

Et alors ?

 

Quand on lance la lecture de La Belle au bois dormant, quelque chose cloche. On le sent. Ah, voilà : ce Disney est au format cinémascope ! C’est-à-dire à l’exact opposé du 4/3 en vigueur à l’époque. Les bonus du DVD nous apprennent qu'il a de plus été conçu pour une pellicule 70mm, autrement plus précise et opulente que la classique 35mm. Les dessinateurs avaient donc pour consigne numéro un d'en tirer le plus grand parti possible, en termes de degré de détail et de splendeur de chaque image, sur le devant de la scène ainsi que dans les arrière-plans. Le but était d'en mettre plein la vue, ni plus ni moins. Quelle meilleure preuve que cet objectif a effectivement été atteint, que d'écrire cinquante ans et plusieurs révolutions dans le monde de l’animation plus tard que le film est toujours aussi beau et magique ?

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L’autre raison à cela et que La Belle au bois dormant a été spécifiquement mis entre les mains de véritables artistes, et non de simples illustrateurs – Eyvind Earle, Mary Blair. Des artistes avec du talent, et surtout avec une vision personnelle unique qu’ils n'hésitent pas à nourrir aux sources les plus inattendues et exigeantes : ici, par exemple, l’art médiéval européen de la pré-Renaissance a joué un rôle majeur dans l’aspect donné aux décors et aux personnages. Comme Alice au pays des merveilles quelques années plus tôt, mais dans un style résolument divergent, cet ouvrage aboutit à un résultat spectaculaire, détonant, fabuleusement osé. Sa marque de fabrique est l’utilisation de traits saillants plutôt qu'arrondis, dont l’exemple le plus célèbre est le château dont Disney recouvre petit à petit la planète de reproductions dans ses parcs d’attraction.

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La Belle au bois dormant est cependant un peu en-deçà de Alice au pays des merveilles ; car son histoire est celle d'un conte de fées classique, sans bouleversement ni dérapage d'aucune sorte. Elle porte donc moins le film. Celui-ci repose tout entier sur sa bravoure formelle, qui a les épaules bien assez larges pour le supporter. Malheureusement cela a eu un prix, qui à l’époque a été tout près de conduire l’empire Disney à la faillite. La démonstration flamboyante de démesure et de panache est restée sans suite.

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Publié dans dessins et animés

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