Poète, pouet pouet

Publié le par Erwan Desbois

katerine-1En véritable star américaine bretonne, Philippe Katerine a électrisé le Casino de Paris hier soir. Pour assurer les versions live de la quasi totalité des titres de son dernier album (plus cinq bonus tracks issues du précédent Robots après tout : les tubes Louxor j’adore et 100% VIP, les inénarrables Le 20.04.2005, Excuse-moi et Patati patata !), le chanteur a déployé des moyens faramineux. Un big band de – excusez du peu – trois musiciens, une troupe de – attention les yeux – deux danseuses aux tenues assorties, un écran de projection de 4m par 3 rétractable par commande à distance, et même, oui, même un escabeau posé dans un coin et à usage unique : permettre à Katerine de montrer ses fesses au public avant d’attaquer le deuxième rappel.

 

Le concert est une prolongation parfaite du disque. Il en compense les limites (dans sa dernière livraison de chansons Katerine se contente trop souvent du minimum, ne développant pas les concepts saugrenus qui en sont à l’origine) par une prodigieuse débauche d’énergie. Non seulement les morceaux sont joués sur un tempo de dingue, et agrémentés d’impros musicales et de ad lib inspirés (Moustache étant la chanson qui pousse le plus loin la chose), mais en plus ils sont un élément parmi d’autres réunis pour former un spectacle total. Il y a de la musique, donc, il y a aussi de l’humour avec les textes généralement absurdes des chansons, il y a de la danse, de la performance physique : Katerine n’est pas uniquement une voix comme tant de chanteurs, il est également un corps affiché et affirmé au fil d’un striptease menant jusqu’à un improbable minishort en jean (mais pas plus loin, tout de même). Tout cela dégage une vitalité irrésistible, visant à repousser le plus loin possible la mort tapie dans les recoins de certaines paroles. En chantant, en criant, en sautant partout, en racontant des bêtises avec l’aplomb et la candeur d’un enfant de huit ans – les disques de Katerine sont d’une certaine manière sa version perso de l’île aux Maximonstres –, le chanteur atteint brillamment son but. Pour en profiter alors que l’hiver bat son plein, rien de plus simple : le concert est disponible gratuitement sur Arte live web  durant les trois prochains mois. Remets ta moustache !

 

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